08 novembre 2005

 

Saint Roch


Eglise de Ramousies, saint Roch, que l'on invoque contre la peste et les grandes épidémies.
Roch se rend à Rome où sévit la peste, et la contracte en soignant et guérissant de nombreux malades . Il s'isole dans une forêt, est soigné par un ange et nourri par un chien qui lui apporte chaque jour un pain...
Il porte ici la totalité des attributs qui lui sont connus : la barbe, le chapeau, la cape sur une tunique rouge (la couleur de la peste), le bâton et la gourde, des molletières aux jambes, comme il convient au voyageur pélerin. Il découvre sa cuisse pour montrer sa blessure (un bubon pestilentiel, peste oblige) sur laquelle se penche l'ange consolateur et guérisseur. Et enfin le chien ravitailleur.

 

Saint Nicolas


Eglise de Ramousies, un saint Nicolas en évêque avec à ses pieds le cuveau des enfants.
Du fait de la présence de ce cuveau, je le pense plus tardif, peut-être XXe siècle [?].

 

Saint Joseph


Eglise de Ramousies, saint Joseph et l'enfant Jésus.

 

Saint Grégoire


Eglise de Ramousies, saint Grégoire en habit d'évêque.

 

Saint Eloi


Eglise de Ramousies, saint Eloi, ici avec ses attributs : habit et crosse d'évêque, et l'enclume rappelant la légende selon laquelle il aurait coupé la jambe d'un cheval pour le ferrer plus à son aise, puis l'aurait remise en place...

 

Saint André


Saint André et ses attributs : le Livre avec lequel il porte la parole divine et la croix de son supplice.

 

Saint Antoine ermite



Statue de saint Antoine, datée du XVIIe, classée en 1979.
Saint Antoine y est représenté avec ses attributs : le bâton de berger qui lui sert de crosse avec une clochette, le cochon à ses pieds, et le chapelet à gros grains. Sa condition d'ermite est figurée par sa robe de bure.

 

Les saints polychromes de Ramousies : saint Sulpice



L'église de Ramousies comporte une série de statuettes de saints polychromes, l'une des traditions artistiques de l'Avesnois.
Ici, saint Sulpice, patron de la paroisse de Ramousies.

 

Même dans le crépuscule, la pierre bleue reste bleue...
Ici, le cimetière autour de l'église de Ramousies.

 

Michel de Namur


La dalle funéraire de Jean (ou Michel ?) de Namur, dont l'inscription est en grande partie effacée.
Elle évoque de façon réaliste la déchéance du tombeau. Un cadavre rongé par les vers tient d'une main une canne et de l'autre un hochet, symboles de la puissance et de la vanité des choses terrestres [Jean Mossay].
Datée du XVIe siècle, classée en 1922.

 

...


Eglise de Ramousies, inscription en grande partie effacée.

 

Maître Jean-François Laurent


Eglise de Ramousies.
ICY BAS REPOSE LE CORPS DE MAITRE JEAN FRANCOIS LAURENT NATIF D'EPPE SAUVAGE CURE DE RAMOUSIES L'ESPACE DE ONZE ANS ET DEUX MOIS QUI APRES AVOIR CONDUIT SES OUAILLES EN VRAY PASTEUR EST DECEDE AU REGRET DE TOUS SES PAROISSIENS LE DOUZE D'AOUST 1776 AGE DE 48 ANS. REQUIESCAT IN PACE.

 

Jean Arnold Lefebvre


Eglise de Ramousies.
CI GIST MR JEAN ARNOLD LEFEBVRE NATIF DE GLAGEON EN SON TEMPS CHANOINE DE L'EGLISE COLLEGIALE DE ST GERY A VALENCIENNES DECEDE A RAMOUSIES LE 10 JUILLET 1765 AGE DE 63 ANS PIEUX LECTEUR. DITES POUR SON AME UN REQUIESCANT IN PACE.

 

Marie-Marguerite Franquelin

Toujours à Ramousies (mais pas en gothique, nous sommes après le traité des Pyrénées, je soupçonne que ça soit là la raison) :
ICI REPOSE LE CORPS DE MARIE-MARGUERITE FRANQUELIN NATIF DE CAMBRAY SOEUR DE MR FRANQUELIN CURE DE CE LIEU LAQUELLE EST DECEDEE LE 12 D'AOUST 1736 AGEE DE 58 ANS. PRIEZ DIEU POUR LE REPOS DE SON AME. REQUIESCAT IN PACE.

 

Occis misérablement par l'ennemi français...


Un don du passé que cette pierre tombale de Jacques Louis, toujours dans l'église de Ramousies, qui nous rappelle, par son inscription, les malheurs que la France faisait peser sur nos ancêtres.

Curieusement, ou plutôt fort heureusement, l'inscription est tenue en bon état et reste parfaitement lisible.
Transcription de l'inscription : ICY REPOUSE LE CORPS DE JACQUES LOUIS AAGEZ DE 60 ANS 33 ANS CLERCQZ DE RAMOSIE OCCIS MISERABLEMENT PAR L'ENNEMIS FRANÇOIS LA VEILLE DE ST SIMON ST JUDE DE L'AN 1630. PRIEZ DIEU POUR SON AME.

 

Détail de la pierre tombale d'Hiltrud.

 

Hiltrud Herbecq


Et la pierre tombale de l'épouse de Jacques Herbecq, Hiltrud Damanet, morte en 1617.
Transcription de l'inscription en gothique : CHY DEVANT REPOSE LE CORPS HELTRUD DAMANET ESPEUSSE A JACQ HERBERCQ LAQUELLE TRESPASSA LE 15 DE SEPTEMBRE 1617.

 

Détail de la pierre tombale de Jacques Herbecq.
le Christ est entouré de saint Jean et de la Vierge, ses pieds reposent sur une tête de mort.

 

Jacques Herbecq


L'Avesnois est riche aussi de pierres tombales, le sol de la collégiale d'Avesnes en est jonché.
Avec letemps, les inscriptions s'effacent, y compris celles dont que l'on essaie de faire ressortir : la visiteur a ainsi l'impression que le défunt a finalement emporté avec lui dans sa tombe son épitaphe.
Celles-ci, disposées dans l'entrée de l'église de Ramousies, sont d'autant plus émouvantes que sont celles de Jacques (l'une) et Hiltrud (l'autre) Herbecq, toujours unis par la grâce de la pierre bleue.
Classée en 1908.
Transcription de la pierre de Jacques, 1592 : CHY DEVANT REPOSE LE CUEURS JACQUES HERBECQ EAGE DE 47 ANS QUI TRESPASSA LE 15 JOURS DE MARS 1592

02 novembre 2005

 

Un Christ calvaire (Christ en croix), conservé dans l'église de Ramousies, daté du XIIIè siècle pour certains (Jean Mossay ?) ou seconde moitié du XVe pour d'autres.
Restauré dans les années 1980, il est classé depuis 1913.

 

Autre détail du retable de la passion : on comprend mieux le terme de "tailleur d'images", puisqu'il s'agit, pour ces deux retables, si l'on ose dire, de "sculpter des peintures."

 

Le retable de la passion, détail.

 

Le second retable, moins précieux, mais tout aussi expressif, est divisé en 3 volets et 6 compartiments.
Il représente des scènes de la passion : Déploration, Résurrection du Christ, Mise au tombeau, Montée au Calvaire, Golgotha, Déposition.
Classé en 1896.

 

Ce retable de la vie de saint Sulpice, un tryptique, était fermé par un tableau de 4 volets représentant la Présentation au temple, l'Adoration des mages, l'Annonciation et la Visitation. Il est aujourd'hui disposé sur l'un des murs intérieurs, à proximité du retable.
Il est daté de 1544, est classé depuis 1910, et a été restauré en 1980.

 

L'église de Ramousies possède deux magnifiques retables en bois sculpté, de la Renaissance (XVIe). Ils sont dus à Jean Le Veau d'Avesnes, tailleur d'images (quel joli mot) de la famille de Croÿ.
Le plus remarquable représente (très mal sur cette photo...) des scènes de la vie de saint Sulpice, patron de la paroisse. Une inscription des armes de la famille de Croÿ y figure (3 écus placés au sommet).
La caisse est gothique, mais le cadre, ses médaillons et ses amours sont de la Renaissance.

 

Le lintheau de la porte In paradisium.

 

In paradisium


Les défunts franchissaient cette porte vers leur dernière demeure au son de l'hymne funéraire de la lithurgie catholique : In paraidisum. La porte en a conservé le nom.

 

Ramousies.

 

Ramousies.

 

Le domaine du seigneur aux corbeaux


Hrabnawaldiacas, c'est, étymologiquement, Ramousies, village de l'Avesnois, entre Avesnes et Liessies.
Son église saint Sulpice est du XVIè siècle.

 

1632



Pierre datée sur l'église de Sains.

En mai 1632, Frédéric-Henri de Nassau, fils de Guillaume, et successeur de son frère Maurice comme Stadhouder des Provinces Unies, invite les provinces catholiques du sud à s'émanciper du joug espagnol en leur promettant "de les conserver et maintenir avec leurs privilèges, franchises et droits, comme encore avec le public exercice de la religion catholique romaine." Avant de reprendre Maastricht aux Espagnols en août de la même année.
Les Etats généraux sont convoqués sous l'égide de l'archiduchesse Isabelle, gouvernante générale des Pays-Bas du sud, désireuse de rallier l'aristocratie sud-néerlandaise sous sa seule aura. Mais elle meurt avant d'avoir pu établir la paix. Les Etats se séparent au début de 1634 : c'était l'une des dernières tentatives de réunification des grands Pays-Bas.
[1632 : naissance à Delft de JanVermeer, dit Vermeer de Delft]

 

 

 

 

 

Curieusement (ou par mesure d'économies annuelles ?), l'étoile lumineuse des temps de Noël reste suspendue en façade, été compris.

 

 

 

C'est une hallekerke, de petite taille, mais c'en est une.

 

Sains et Reliques


L'église saint Rémy, à Sains-du-Nord (sains, sanctis : les pélerinages en l'honneur des reliques des saints) date de la fin du XVIème siècle (1557). Elle est située sur le point haut de Sains, comme beaucoup d'églises qui fortifiées ou non, servaient de refuges contre les bandes de pillards, ou des petites troupes de mercenaires venues se payer sur la bête. Qui comme beaucoup d'églises de la vallée de l'Helpe, s'éloignaient des risques de débordement de l'Helpe.

 

 

A la Toussaint, le bocage a perdu toutes ses feuilles, sauf les charmes, marquescents, si la froidure toutefois a bien voulu leur en laisser. Ici, alignement de charmes bottés quelques mois auparavant.

 

Les pieds d'sente, véritable réseau de chemins dans le bocage, menant tous... à la messe [à W., l'un d'eux s'appelle le chemin de messe], mais aussi au village, de ferme en ferme. Seuls, les paysans continuent de les entretenir.

 

Le charme dans sa haie.

 

 

Le fresne (commun), géant du bocage. L'horizon dessine ses silhouettes immenses et amples, comme s'il était muni de tentacules.
Très bien adapteux aux sols argilo-limoneux et humides, c'est un habitant idéal de l'Avesnois. A croissance rapide, pouvant atteindre 30 mètres, il supporte bien la taille et croît sans problème à partir d'un simple rejet. Un plaisir !

 

Le saule, comme le charme, est généralement mené en tétard. Plus rarement, en cépée, comme ici. Il révèle, et loin, les endroits les plus humides. Abattre une haie de saule, c'est tout bêtement laisser sur place l'eau que ces saules auraient prise. Lorsque l'on vous dit que le "développement durable" n'a pas attendu les errements (!) de nos contemporains.

 

La fauche, à la faux jadis, puis encore par la suite pour les plus petites surfaces (on serait surpris aujourd'hui ce voir ces "petites" surfaces...), et à la faucheuse tractée pour les plus grandes (dans ce cas, la quasi totalité du pays !).

 

On ne s'arrêtait généralement que pour le photographe, alors sacralisé.

 

Les foins (à l'coupette : grand-père).

 

Le charme est, avec le saule (réservé aux endroits les plus humides), l'un des contours les plus familiers du bocage avesnois/ Mené en tétard, il permet la pousse et le repousse, sans fin pourrait-on croire (et c'est le cas !) de ses grandes et épaisses branches que l'on botte (élague) tous les 10 à 15 ans. Fournisseur de bois de chauffe, il peut alimenter un foyer uniquement à partir d'une seule pâture bien fournie en tétards. Les bûcherons pouvaient se payer sur la bête : en coupant le bois de chauffe pour un propriétaire, ils étaient rémunérés en emportant avec eux de quoi se chauffer : grand-père ne m'a jamais dit comment se calculer le dû, sans doute parce que ça n'était pas là chose la plus importante.

 

L'habitat y est de deux types : humain, avec les grandes fermes à cours ouverte, aux toits d'ardoises gris-bleu, parfois teintés de plaques de métal qui recouvrent des hangars contemporains destinés aux animaux... Et animal, précisément, l'ensemble du paysage est un immense habitat, multiple, qui regorge d'une faune insoupçonnée, ignorée souvent. Dans cet habitat sauvage, les vaches (les biques) ont une place de choix : elles occupent l'ensemble des pâtures, qui leur sont quasiment exclusivement réservées, et où elles trouvent tout le confort nécessaire : les hautes haies pour s'abriter du vent, de la pluie ou l'été du soleil, les fosses (les mares) pour s'abreuver, et bien sûr la bonne herbe, ray grass généralement, dont on fait le foin d'hiver, celui qui chauffoure aux orages d'été, et qui craquèle dans les greniers, devenu repère de souris. Celui que des générations ont ramassé, amassé, pour que vive l'homme et la terre, en gestes immuables chaque ponctués par le passage final du grand rateau de bois pour racler les derniers brins, et dont l'usage était réservé aux grand-pères, qui ne s'arrêtaient qu'avec la mort.

 

La haie, trésor des paysans.

 

La haie, ce trésor de paganisme...

 

Bocage et forêt sont toujours intimement liés, en Avesnois. Le premier est un aménagement humain de la seconde, une manière de la transformer pour la faire vivre au-delà des nécessaires défrichements. De loin, de très loin, et vu de notre hauteur d'homme, bocage et forêt sont identiques : un immense tapis vert.

 

Le pays sage


Le bocage est un terme générique qui rend finalement assez mal compte de toutes les variétés de la nature avesnoise façonnée par l'homme. Il faut avant tout s'y perdre pour le connaître, y vivre pour le comprendre, l'honorer pour qu'il nous le rende.

21 octobre 2005

 

Le bout du bief


Au bout du bief, le pont avec le trou noir de ses arches qu'enfants, nous hésitions à franchir.
Aujourd'hui, nous n'y pensons même plus : statique dans l'admiration d'un si bel ouvrage, dont nous ferions volonteirs notre chez nous.

 

Et les pavés ?


On aurait envie de voir les pavés - nos pavés de gré ou de pierre bleue - peupler la route, comme autant de piétons muets.
Enlevez-nous ce goudron, pourtant durable, trop durable...

14 octobre 2005

 

Le bief


Voici le bief, la partie amont du cours d'eau qui dessert le Moulin.
C'est, à son échelle, l'étendue d'eau plate, presqu'inerte, qui laisse percevoir le grondement sourd de la chutte là-bas, au loin...
Gelé, il n'écoulait plus rien, la roue cessait de tourner. Et le grain d'être moulu.

 

Mécanisme



L'occasion de le voir en action est rare, excessivement rare, car cela suppose qu'il ait encore une activité.

La vantellerie était un art en soit, qui permettait de régler le débit en jouant sur la hauteur des vannes, et donc sur la puissance développée par la roue.


 

L'eau motrice


108 Moulins avesnois en activité au début du XIXè siècle.

 

...


 

Les berges


Poursuivons le tour du Moulin :

notre saule est subitement bien petit, et le Moulin, toujours aussi massif, mais fluide, comme son eau vive, son étang, ses canards, bien à l'abri ce jour-là. Ou ses poules d'eau, éternellement à l'abri de ses berges, mais pourtant toujours actives, leurs clapottements subits nous le rappelent.


 

Le saule


Pleureur, il est souvent seul : il a besoin de place.
Mais il ne quitte jamais l'eau. Les longues haies peuplées de saules menés en tétards révèlent naturellement la présence abondante de l'eau. Il la boit, la conserve, la transforme, la régénère.
Comme tout est simple.

 

L'eau


 

Les Moulins à eau


L'Avesnois en était couvert, il en reste fort heureusement quelques uns bien conservés, comme Maroilles ou Sars Poteries.
A l'instar des ailes des Moulins de Flandre, le dispositif de la chute d'eau et de dérivation du cours d'eau vers la roue et la roue elle-même bien sûr, sont des sortes de géants du passé, d'une industrie qui ne disait pas son nom car elle n'en n'avait pas les défauts. Aujourd'hui paisibles, ils sont les témoins, parmi d'autres, d'un "développement durable" avant l'heure, qui n'avait pas non plus besoin de dire son nom. Est- là, sans le savoir, ou sans le dire, l'un des principales raisons pour lesquelles ils sont encore de ce monde ?

 

Lumière et ombres


L'eau et le ciel en écho, l'herbe [constante avesnoise] et l'arbre [également] s'enlassent autour du Moulin de Maroilles, connu par les nombreuses photos que l'on retrouve systématiquement dans nombre de dépliants touristiques, mais curieusement, toujours sous le même angle. Rarement celui-ci.

12 octobre 2005

 

Ombre et lumière

Le contraste de la brique avesnoise, selon qu'elle est exposée ou non au soleil, est remarquable, au point que l'on pourrait penser qu'il ne s'agit pas des mêmes briques.
C'est bien là, d'ailleurs, que l'intérêt esthétique d'utiliser de la chaux (blanche, écrue ou même jaune) apparaît dans toute sa vérité : hors d'elle, l'appareillage est terne, le orange en devient invisible, la pierre n'est plus que grise (encore que d'un joli gris]. La chaux, comme un soleil à elle-seule.

 

Portes

Le même ensemble, partie basse.
Si la forme de la porte (imposte vitrée traditionnelle, qui apporte la lumière sans pour autant donner à voir), et sa composition (lames de bois assemblée verticalement)
On est certes loin des portes ouvragées [citadines] connues dans l'ensemble des Pays-Bas.
Petite faute : une porte en chêne naturel (le chêne avesnois migre facilement hors de nos frontières, pendant que nous importons du bois exotique), de cette blondeur douce qui appelle les caresses, avec un simple traitement incolore, aurait superbement réhaussé le contraste, toujours lui, brique orange, pierre bleue.

 

1780

1780, c'est aussi la date de reconstruction du moulin de Sars-Poteries.
Mais ça n'est pas lui, ici.

 

Harmonie


Ca n'est bien sûr pas la seule forme d'harmonie architecturale que l'on trouvera en Avesnois, mais celle-ci (regard furtif en levant la tête) offre un bel équilibre entre la légèreté des longues lignes verticales et horizontales, et densité de l'appareillage de pierres et de briques.

 

Briques oranges et pierre bleue


C'est une des plus belles associations de couleurs qui soit : ici exemple d'une rénovation de façade réussie.

 

1618, suite.


La pierre portant la date de 1618 orne le centre d'un lintheau en arc comme beaucoup d'anciennes portes avesnoises en comportent encore.
Les rénovations de façades avesnoises sont simples :
- néttoyer la brique, que l'on croyait bordâtre (pour bordeaux, comme l'on dit rougeâtre), alors qu'elle se colore de multiples reflets orangés (mais pas orangeâtres),
- nettoyer la pierre bleue (avesnoise jadis, de Soignies aujourd'hui)
- refaire les joints à la chaux claire [manifestement ici, seul le ciment gris était connu des intervenants), qui permet de rendre la brique.
On possède alors une façade d'origine, éclatante quelque soit le temps.
Ce qui n'est malheureusement pas le cas ici, cas presque typique d'une rénovation ratée.

 

Saint Thérèse



C'est le nom de l'institution religieuse d'enseignement située sur la petite place. Ici, datée de 1678.

 

Les jardins, suite.



Jardins qui s'intègrent très bien dans le bocage : même ces petites baraques bricolées, que l'on souhaiterait naturellement à la fois moins visibles et plus naturelles, ne cassent pas le charme du pays vert : le groenland !

 

Les jardins



Une partie des anciens glacis a été recyclée en jardins populaires. Les Avesnois se les sont si bien appropriés qu'ils ont ainsi créé une unité de paysage inédite en Avesnois.

19 septembre 2005

 

1618



Avesnes, rue Cambrésienne.

[1618 : mort à Bruxelles de Philippe-Guillaume, prince d'Orange, premier fils de Guillaume de Nassau, dit Le Taciturne, et d'Anne d'Egmont.]


09 septembre 2005

 

Le ciel bas


Pas besoin que la terre soit basse pour connaître un ciel bas.
L'Avesnois, dont le point culminant se situe à Anor [225 m. - certains disent Fourmies, au sommet du building de Jennetrois - c'est en tout cas ce que prétendirent, en 1968, les inaugurateurs de ce curieux concurrent moderne des beffrois], est un pays de vallées baignées de ruisseaux et rivières, dont les flancs restent encore peuplés de forêts.

Le chèvrefeuille est un des habitants les plus longilignes des haies du bocage Avesnois.
En cette fin d'été, une population lui rend encore parfois visite : celle des cueilleurs de meurons, de plus en plus rare. Ce serait presque tant mieux, il y en aura plus pour nous.

 

Les grimpettes


Avec le temps, le réseau de circulation à l'intérieur d'Avesnes fortifiée - perchée sur son roc - s'est développé entre les différents plateaux, longs couloirs de pierre bleue vers la lumière...
C'est chaque fois un plaisir de les parcourir, en montée, en descente.

On y entend parfois [il faut s'y arrêter et respirer lentement] le bruit sourd des armes qui s'entrechoquent, les cris des combattants, écho lointain aux cris des trop rares enfants qui en feraient aujourd'hui leur terrain de jeu favori.

Dans la vieille ville elle-même, les grimpettes désignent les escaliers à l'air libre qui joignent la ville haute et la ville basse [les grands degrés], ou des rues de la ville haute entre-elles [les petits degrés]. Ceux-là sont larges, l'Avesnois y est plus nombreux.


 

Les remparts


A la fin du XIXè siècle, la plupart des villes du Hainaut du sud ont été démantelées, leurs remparts abattus, comme autant de signes d'une modernité dévoreuse d'espace : à Avesnes, les portes de Mons, de Cambrai et de France furent détruites, il n'en resta que quelques vestiges, encore visibles.
Une partie des remparts a également été conservée. Pour certain rénovés de manière plus que douteuse (à coups de briques sombres et joints au ciment gris : un crime) il y a quelques années, les dernières interventions sont beaucoup plus réfléchies [simplement : réfléchies] et redonnent aux remparts une fonction que nos ancêtres ne soupçonnaient put-être pas : une beauté muette, dressée là comme pour l'éternité, ne craignant plus les coups de boutoir des armées françaises.

Les fortifications d'Avesnes doivent très peu au français Vauban dont les livres d'histoire de nos écoles regorgent faisant fi du "génie" propre des Avesnois. Avesnes présente, bien visible ou enfouie, comme une histoire presque millénaire des différents de fortifications de l'Europe du nord. Superposées, elles attendent quelqu'archéologuqe improbable qui se serait risqué sur les traces de ses prédécesseurs bien méritants.

 

Elle veille


Elle veille sur Avesnes et l'Avesnois
Construite au XIIè siècle, l'église Saint-Nicolas - par la suite élevée en collégiale - est contruite au nord est de la grand place rectangulaire, disposition caractéristique des grand places des Pays-Bas. Facilement reconnaissable à son beffroi massif flanqué de quatre tourelles, surmonté d'une tour de guet octogonale offrant une vue totalement dégagée à 20 kms à la ronde, elle projette sur Avesnes la silhouette bleue de ses flancs de pierre et ses toits d'ardoise.
En 1477, après la mort de Charles dit Le Téméraire sous les murs de Nancy, Avesnes est assiégée par les troupes de Louis XI et subit de graves dommages. Louis XI s'était promis de prendre Avesnes, désireux à la fois de châtier les villes des Pays d'En-deçà (les Pays-Bas) ralliées au duc, et de les approprier au détriment du successeur légitime de Charles, sa fille Marie de Bourgogne, nièce du même Louix XI.
Profitant de l'affrontement entre Marie de Bourgogne et les villes flamandes désireuses de briser le centralisme imposé par Charles dans les Pays-Bas, Louix XI attaque le Boulonnais et l'Artois en mai 1477, puis les villes du sud du Hainaut. Avesnes subit plusieurs semaines de siège durant l'été 1477, avant de céder malgré les renforts envoyés de Mons par le comte de Hainaut et des quelques centaines de Brabançons présents à Avesnes en vertu des décisions prises par nos Etats Généraux après la mort du Téméraire. La collégiale, très endommagée par le siège et la mise à sac qui s'ensuivit, ne se relèvera que plusieurs décennies plus tard, après que la ville ait subit un grave incendie, accidentel, en 1514.

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